Marie de Hennezel et Othman Ihraï : comment réenchanter la vie ?
Après avoir lu « Vivre avec l’invisible », « Dictionnaire amoureux de la solitude » et « La mort sereine » de Marie de Hennezel et « Alphonse et le songe premier » de Othman Ihraï, Guilaine Depis a eu l’idée de les réunir trouvant que ce rapprochement faisait sens. Une émission magnifique entre deux belles âmes spécialement vivantes !
Au cours de sa carrière, Marie de Hennezel a plaidé pour une approche plus humaine de la mort et du mourir, défiant la peur et le déni qui entourent souvent ce sujet dans la société contemporaine. Elle encourage un dialogue plus ouvert sur la mort dans des contextes culturels, sociétaux et médicaux, soutenant des initiatives qui aident les gens à vieillir avec grâce et à vivre leurs derniers jours avec dignité et sans souffrances inutiles. Elle est l’auteure de deux rapports ministériels sur les soins de fin de vie en France et de 26 livres, dont le bestseller international « La mort intime ». Elle anime des séminaires pour les retraités (Mutuelle Audiens) qui veulent faire de leur vieillissement une expérience heureuse, féconde et intéressante. Elle forme des psychologues à l’animation d’un parcours « l’aventure de vieillir » destiné aux personnes âgées autonomes vivant en résidence-service (Domitys). Elle donne des conférences partout dans le monde sur les soins de fin de vie et le bien vieillir. Le travail de Marie continue d’influencer les initiatives de santé et les pratiques de soins palliatifs, façonnant les politiques et les perceptions publiques sur le vieillissement et les questions de fin de vie.
« Alphonse et le songe premier » est une rêverie, une immersion au cœur d’un imaginaire à la douceur lumineuse. Entre fable philosophique et conte poétique, l’auteur y déploie une langue qui touche autant qu’elle émerveille. Le conte s’inscrit dans la lignée des récits initiatiques universels. Comme Le Petit Prince de Saint-Exupéry, Alphonse est le héros d’un récit d’enfance adressé aux adultes. Comme Le Prophète de Khalil Gibran, Alphonse aborde sous une forme poétique les questions fondamentales de l’existence. Comme dans les vers de Jalâl ad-Dîn Rûmî, la poésie est un vecteur de dépassement du monde tangible, le parfait guide dans un voyage intérieur où le rêve et l’imagination arpentent les chemins de la connaissance. Malgré son apparente douceur enfantine, parfaitement illustrée par les dessins réalisés par les filles de l’auteur, Alphonse et le songe premier porte une critique profonde du monde et de la société modernes. Il interroge ce que nous avons perdu en devenant « grands », et propose un retour non pas régressif mais libérateur vers l’infinie légèreté. Alphonse ne cherche pas à devenir ce qu’il n’est pas, il cherche à se souvenir de ce qu’il a toujours été.